Le 100% apprentissage ne valorisera pas l’enseignement professionnel

Le rôle de l’école est d’instruire, d’éveiller et de cultiver les élèves qui sont nos futurs citoyens. Elle n’a pas uniquement vocation à former des travailleurs selon les standards de l’entreprise. Il ne faudrait surtout pas que la voie de l’apprentissage devienne la voie normale. Avec un taux de rupture de contrat élevé (autour de 30%), la précarité de ce type de contrat reste élevée et la situation complexe dans laquelle se trouve ces étudiants-travailleurs est bien souvent lourde à porter avec deux parties qui demandent des comptes et du temps.

L’apprentissage est une excellent voie pour certains métiers et pour certains jeunes. Mais les candidats d’EM (ou LREM ou LR+EM, on ne sait plus trop comment les appeler) et du FN misent tout sur  l’apprentissage dès le plus jeune âge et sur la sélection des étudiants au plus tôt dans le cursus scolaire. Élus, ils encourageraient la reproduction des élites formées dans des institutions privées et/ou de quartiers favorisés. Ils relégueraient les enfants des classes populaires dans une deuxième division du système éducatif pilotée exclusivement par le patronat pour le besoin immédiat des entreprises. Et puis, comme ils disent, « un salaire d’apprenti à la maison, ça peut aider »… comme si le rôle d’un gamin de 16 ans (voire 14 ans si l’on écoute le FN) était de faire bouillir la marmite familiale.

En Marche va encore plus loin en prévoyant de casser les branches professionnelles par ordonnances dès cet été, ce qui posera immédiatement la question de la reconnaissance des qualifications. Le combat pour les qualifications professionnelles est l’une des grandes luttes sociales qui nous vient du passé, l’abandonner maintenant serait pour le peuple une immense erreur.

Que propose notre programme, l’«Avenir en Commun» ?

  • Appuyer l’enseignement professionnel public, arrêter les fermetures de classes et de lycées professionnels et augmenter le nombre d’établissements
  • Rétablir le bac professionnel en quatre ans
  • Développer les cursus courts dans l’enseignement supérieur et encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)
  • Instaurer une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous condition de ressources
  • Remplacer les emplois d’avenir par un contrat jeune d’une durée de cinq ans, dans le secteur non marchand et public, ouvrant droit à une formation qualifiante en alternance ou à une préparation aux concours de la fonction publique
  • Ouvrir un lycée professionnel maritime dans chaque département littoral
  • Supprimer les aides à l’apprentissage de manière à développer la formation professionnelle sous statut scolaire

 

La justice sociale n’est pas soluble dans l’ultra libéralisme, l’école en est le creuset, protégeons-là !

 

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire