« Burn-out », une majorité en marche déconnectée du monde du travail

L’Assurance Maladie a publié récemment un rapport qui montre que les troubles psychiques (dépressions, anxiété, épuisement professionnel) sont de plus en plus déclarés comme accidents du travail.

Ce rapport apporte des arguments imparables en soutien de la proposition de loi déposée par François Ruffin, visant à « reconnaître comme maladies professionnelles les pathologies psychiques liées au travail », dont le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel, en français).

Nous avions abordé ce thème et quelques unes de nos propositions lors de la réunion publique du 7 juin dernier. Nous pensions alors qu’un consensus était possible autour d’une problématique à laquelle chacun est confronté au sein de son entourage.

Hélas, la proposition de François a été rejetée en commission des affaires sociales. Selon la Chaîne Parlementaire, « les débats ont été marqués par l’agacement de l’opposition à l’égard de l’intransigeance des députés de La République en Marche, qui ont repoussé plusieurs amendements jugés consensuels« .

Les députés qui marchent pensent réaliser ici une bonne opération de politique politicienne. La lecture des graphiques du rapport de l’Assurance Maladie les ont peut-être trompés sur ce point. En effet, ce rapport montre une fréquence bien plus élevée des pathologies psychiques prises en charge dans la population des employés (la cible de toutes leurs attaques) que dans celle des cadres (leur base électorale). Et un élu de courte vue ne travaille que pour son électorat. Les personnels des EPHAD, des prisons, de la distribution, des transports et de ce qu’il nous reste d’usines (etc.) jugeront.

Toutefois, les marcheurs semblent ignorer que ces chiffres correspondent à la seule prise en charge des pathologies par l’Assurance Maladie (branche AT/MP), donc des cas déclarés et reconnus comme accidents du travail.

Or, le phénomène de sous-déclaration est très fort chez les managers et les cadres qui, soumis à un stress et à des rythmes soutenus, n’identifient pas la déclaration d’un accident du travail comme une solution au problème. Le malaise des cadres est réel, notamment dans la fonction publique, il s’exprime et se révèle cependant d’une autre manière (arrêt maladie non lié au travail, stratégies d’évitement, prise de congés lorsque cela est possible, démissions, etc.).

Refuser de discuter de nos propositions montre une fois de plus, de la part des marcheurs, une profonde ignorance des réalités du monde du travail. Voués corps et âme à l’accumulation de la richesse, ils n’ont encore manifesté aucun attachement à l’intérêt général ou à la santé publique.

Après les ordonnances, en perspective des risques qui pèsent sur l’UNEDIC, à l’heure où l’intervention « santé au travail » a été intégralement livrée au marché privé, l’urgence est immense d’un combat sans concession sur le travail.

 

2 Comments

  1. bonjour
    je suis DS chez UTC (Ex CIAT) est nous avons de nomnbreuses personnes en BURN OUT
    que fond nos politique sur le sujat : RIEN
    les techniques de management LEAN KAISEN à la mode actuellement créer de nombreuses maladies
    et burn out
    daniel

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