La voix de l’Ain en marche

On s’était promis de ne pas taper sur les médias, pour ne pas gâcher le peu d’espace qu’ils nous accordent et parce qu’au final cela se retourne toujours contre nous. Et, aussi, parce que la presse quotidienne régionale est l’un des derniers remparts de la liberté d’expression, ce dont il faut lui donner acte.

Mais voilà, dans son éditorial du 5 mai dernier, Nicolas Bernard, Rédac’chef de la Voix de l’Ain, s’autorise cette analyse du report de voix des électeurs « extrémistes » de Jean-Luc Mélenchon :

« Une partie des électeurs de Jean-Luc Mélenchon pourraient franchir le pas [du vote FN]. La transversalité des voix des deux extrêmes est importante, car ils se nourrissent aux mêmes sources des ressentiments.[…]. Défier le populisme suppose un nouveau progressisme qui combatte les remèdes illusoires du protectionnisme, du repli identitaire et de l’étatisation de l’économie. C’est ce projet d’ouverture et de rassemblement qu’a tenté d’expliquer et de défendre Emmanuel Macron durant cette campagne. Mais aura-t-il convaincu ? » (source)

Or, dans son éditorial précédent, qui mentionnait fort à propos le plan « zéro SDF » de la fondation Abbé Pierre, notre ami oubliait peut-être d’écrire que, justement, la grande misère comme le simple déclassement que nous vivons tous au quotidien sont les principales sources de ce fameux ressentiment qui anime la société française. Bien plus que les ratiocinations identitaires du FN ou de l’UMP-LR, tellement relayées par des médias qui ne comprennent plus rien au peuple de France. Il oubliait au passage de mentionner que seule la France insoumise a relayé ce plan – dans une vidéo d’une heure consacrée à ce sujet, et dans son programme l’Avenir en commun.

 



A en croire l’éditorialiste local, donc, le vote France insoumise est, comme le vote FN, l’expression d’un ressentiment, d’un repli identitaire traduit par une velléité d’étatiser l’économie (sic). Certes, avait-il dit précédemment, il y a de la pauvreté et personne n’en parle ; peut-être n’est-ce pas le sujet. Il en conclut que le président qui marche est le seul à proposer une issue. Pirouette.

Mais quelle issue ?

  • « En Marche » propose de baisser un grand nombre des charges qui pèsent sur les entreprises (réduction des cotisations sociales par exemple). Ces dernières auront donc le loisir d’absorber le surplus des cotisations liées à leurs salariés en situation de précarité.
  • Les marcheurs portent une stratégie de politique de l’offre déflationniste, reposant sur une forte réduction des dépenses publiques, associée à un faible investissement. C’est un désastre : elle fait de la zone euro, pourtant deuxième puissance économique mondiale, une zone de faible croissance et de chômage élevé. Désormais, même le FMI et l’OCDE plaident pour une relance de la dépense publique et de l’investissement.
  • L’ISF est un impôt qui permet de s’attaquer aux situations de rente. Vouloir le restreindre à l’immobilier , comme le propose le président startuper, revient à renoncer à limiter la rente du capital via les dividendes par exemple. Par ailleurs, l’ISF est d’ores et déjà bien affaibli, puisque par exemple des personnes comme Bernard Arnault (11ème plus grande fortune mondiale) et Liliane Bettencourt (30 milliards d’euros de patrimoine) ne paient déjà pas d’ISF.
  • Le parisien, dans l’étude qu’il a commandée à la Fondation Concorde, montrait bien que ni EM, ni le FN (cette mauvaise habitude du ni-ni…) n’amélioraient le sort des chômeurs

(c) le Parisien

Comprenez, monsieur le Rédacteur en chef, que la France insoumise porte le seul programme à même d’en finir avec l’ordre cannibale du monte, comme le dit Jean Ziegler de la FAO (ONU).



Comprenez que les transferts de voix, qui existent assurément entre nous et le FN, mais à la marge, sont motivés par le rejet de cette organisation pourrie de la société que M. Macron se propose de faire perdurer. Félicitez-nous plutôt de ramener dans le camp républicain, humaniste, internationaliste et pacifiste des citoyens déçus et en colère.

Prenez le temps, s’il vous plaît, de comprendre nos propositions. Nous portons un programme solide, chiffré et appuyé par de nombreuses ONG ou économistes (voir la tribune des 135 économistes).

Votre mépris n’est pas la hauteur. Faites votre travail. Relayez le contenu réel des réunions publique d’EM et de celles de la France insoumise. Ne cédez pas à la facilité.

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