L’entreprise libérée ? pas par la loi travail, et encore moins par Macron !

Le monde de l’entreprise est le grand absent d’une campagne où, dans notre circonscription, la plupart des candidats sont coupés du monde du travail. Heureusement, pas nous… qui allons porter la parole des salariés. Par exemple en interrogeant le concept managérial tendance d’entreprise libérée.

On nous vente en effet, depuis quelques années, ce concept de « libération » synonyme d’une nécessaire autonomie des salariés. Ce serait moderne et, dans le discours, c’est assez séduisant. Pour nos libérateurs, il faudrait se départir des liens de subordination, transformer les managers en coaches, développer l’initiative des salariés et leur état d’esprit entrepreneur. Et pourquoi pas, monsieur le Président startuper ?

Puis la loi travail est apparue.

Or, le discours de grand libérateur du travail tenu par le président qui marche est en contradiction avec ses actes, dès qu’il lui prend de vouloir toucher aux équilibres dans l’entreprise. En effet, le lien de subordination est renforcé dès lors qu’un salarié peut être facilement licencié dans une entreprise en bonne santé. Il est renforcé alors que la norme s’établit dans l’entreprise indépendamment des concurrents de la branche. Il est renforcé si le niveau de rémunération des heures supplémentaires est soumis à l’accord de l’employeur, et qu’il ne s’impose plus au travers de la volonté commune exprimée dans une règle du jeu partagée par tous.

Face aux standards qui nous sont présentés comme étant ceux de l’entreprise libérée, la loi travail que Macron veut porter à la puissance 10 ou 20 (selon les discours) apparaît ainsi comme une régression. Elle oppose un surcroît de subordination aux velléités d’émancipation affichées par les libérateurs.

Le silence de ces derniers est équivoque. Ont-ils manqué d’analyser l’impact de la loi sur leur projet, occupés qu’ils sont à vendre une marchandise ? Nous ont-ils trompés sur cette marchandise depuis le début ? Quoi qu’il en soit, leur projet a du plomb dans l’aile et, au final, c’est dommage. Car une entreprise vraiment libérée, c’est à dire où les salariés exercent un contrôle social sur le travail, son contenu et sa finalité, cela aurait franchement de la gueule.

Hélas, le confusionnisme règne, les mots de plus de sens, et le discours de Macron (récemment élu produit de l’année) sait s’entourer d’un marketing puissant. Pendant ce temps, les français travaillent.

 

 

 

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