Les magistrats sont-ils des gens sérieux ?

Les marcheurs nous avaient déjà fait le coup avec les prud’Hommes (nous en parlions ici), ils le font avec l’université, ils le réitèrent avec la justice : plutôt que de donner des moyens suffisants (d’accueil, de traitement), on fait en sorte que les Français saisissent moins le service public et se tournent vers le privé.

Une réforme, portée par la garde des Sceaux Nicole Belloubet, touche ainsi à tous les aspects du droit, que ce soit les affaires dites « du quotidien » ou pénales. Juges, avocats, greffiers se mobilisent en nombre pour protester contre ce projet de loi : «une atteinte intolérable aux droits de la défense et des victimes», «une régression de la politique d’accès au droit», la création de «déserts judiciaires» ou encore «une réforme menée au pas de charge», selon un communiqué du Conseil national des barreaux (CNB). Depuis le mois de mars, les avocats ont d’ailleurs créé le slogan «Justice morte». (lu sur libération)

Tous concernés !

Comme l’évoque, par exemple, le site d’Europe 1 : les affaires familiales sont notamment concernées. « Aujourd’hui, on nous dit ce ne sera plus un juge qui décidera à qui on confie la garde des enfants, comment on fixe une pension alimentaire, comment on établit un droit de visite… Ce sera un officier ministériel », déplore l’avocat Me Pierre-Ann Laugery, bâtonnier des Hauts-de-Seine, interrogé par Europe 1. « Et quand on voudra faire une demande d’augmentation de pension alimentaire, ce ne sera plus via un juge mais à la Caisse d’allocations familiales (Caf), selon un barème », ajoute-t-il, alors que sa consœur marseillaise anticipe déjà les « décisions complètements déconnectées de la réalité des parties » avec « un barème appliqué sans autre pouvoir d’appréciation ».

Mais ce n’est pas tout. Le tract des avocats dresse une synthèse du contenu de la réforme :

 

Tract des avocats
Tract des avocats

 

Dit avec plus d’humour :

 

La justice, c’est aussi un lieu de travail

Dès 2010, l’Union Syndicale des Magistrats a alerté le gouvernement sur la situation de collègues épuisés, dont certains avaient mis fin à leurs jours, alors que leurs conditions de travail étaient très dégradées.

(c) Libération

Dans le rapport d’activité 2013 de la médecine de prévention, présenté au Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail Ministériel (CHSCT M), le médecin coordonnateur national a relevé que les médecins de prévention ont fait état d’une augmentation des situations de souffrance et de mal-être au travail. Sont signalés :

  • une intensification du travail dans toutes les directions (Services judiciaires, Administration pénitentiaire et Protection judiciaire de la jeunesse) avec une absence de remplacement des personnels en arrêt de maladie, responsable d’un épuisement qui contribue à majorer l’absentéisme,
  • une impression de ne pouvoir faire un travail de qualité avec perte du sens de la mission,
  • un nombre de plus en plus important d’agents déclarant souffrir d’un manque de considération et de reconnaissance des efforts accomplis.

C’est sous cet angle que nous devons aussi voir le mouvement en cours au sein des tribunaux

 

La lutte des magistrats et avocats ne doit pas être découplée de celle des cheminots, des EHPAD, des personnels soignants, des étudiants, des Carrefour etc.

Les médias ne relayent pas le mouvement actuel au sein de la justice : les magistrats sont des gens sérieux et des gens sérieux ne pourraient pas s’opposer à la vision jupitérienne de Macron. Nous pensons le contraire.

Soutien aux personnels de la justice dans la lutte contre la réforme Macron !

 

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