Notre vision de la laïcité

Notre laïcité… et la leur

La laïcité est un pilier de la République une et indivisible. Elle est aussi un principe vivant et porteur de droits inaliénables, garantis à tout membre de la société, français ou étranger. Ces droits sont la liberté de conscience et de culte. L’égalité des citoyen·ne·s en tout domaine sans discrimination aucune. Et enfin la séparation du politique et du religieux, l’un dans la sphère publique, l’autre dans la sphère privée, sans emprise de l’un sur l’autre. De cette séparation découle la neutralité de l’État à l’égard de toutes les convictions philosophiques, religieuses ou politiques.

Mais la laïcité est désormais utilisée dans le débat public pour cacher d’autres buts. Le principe de laïcité est malmené d’une part par les tenants des petits arrangements qui ont organisé au fil des années démissions et compromissions. Et d’autre part par ceux qui travestissent le principe en ciblant une religion et une seule, comme nous l’avons encore vu avec la grotesque polémique du « burkini » de l’été 2016. Seulement utile à masquer les échecs sociaux, ce cléricalisme déguisé n’appartient pas qu’à l’extrême droite. La plupart des partis politiques sont contaminés.

Aujourd’hui les tenants du « choc des civilisations » alimentent et utilisent les fanatiques religieux qui revendiquent le pouvoir temporel. Les puissants ont toujours cherché des arguments et des alliés pour justifier le partage inégal des richesses…

La laïcité est aussi attaquée par les institutions européennes. Le préambule du traité de Lisbonne déclare même s’inspirer « des héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe, à partir desquels se sont développées les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l’égalité et l’État de droit ». Croire que certains héritages religieux seraient à l’origine de la liberté, de la démocratie, de l’égalité est une lecture biaisée et erronée de l’Histoire. L’héritage laïque de la France remonte aux penseurs des Lumières !

La laïcité est aussi foulée aux pieds au sommet de la République. Les gouvernements de Hollande n’ont pas fait mieux que ceux de Sarkozy sur ce point non plus. François Hollande, comme son prédécesseur, a notamment accepté le titre de chanoine de Latran. En septembre 2012, Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, s’est même rendu à une cérémonie de béatification en la cathédrale de Troyes, une première dans l’histoire de la République. Ces représentants de l’État n’hésitent plus à assister à des cérémonies religieuses à grand renfort de communication pour flatter les ressorts communautaristes.

Le FN ou l’imposture

Marine Le Pen et la laïcité ? Il n’y a pas de plus gros mensonge ! Dans les collectivités territoriales, les élu·e·s FN passent leur temps à chercher à augmenter les financements publics aux écoles privées, au-delà de ce que fixe la loi. Nombre de soutiens des commandos anti-avortement et anti-IVG (interruption volontaire de grossesse) sont des soutiens affichés de Marine Le Pen. Certains veulent rétablir le délit de blasphème sur tout le territoire. Le Pen se revendique de la laïcité ? Ça ne peut faire illusion. Il s’agit seulement d’exprimer l’obsession anti-immigration de l’extrême droite française.

Nos propositions

Non au Concordat et aux régimes dérogatoires

Nous réaffirmons le bien-fondé et l’actualité de la loi de 1905 sur la laïcité.
• Toutes les modifications ultérieures de la loi de 1905 affectant ces principes seront abrogées.
• Nous étendrons le bénéfice de l’application de la loi de 1905 à tout le territoire de la République, en abrogeant le concordat d’Alsace-Moselle et le statut scolaire particulier et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outre-mer. Les acquis sociaux supplémentaires inclus dans le droit local seront dans les faits généralisés par l’application des autres mesures sociales du programme l’Avenir en commun.

La République irréprochable

Nous garantirons la liberté de conscience et l’égalité de toutes les options spirituelles devant la loi, en combattant tous les communautarismes et l’usage politique des religions.
• Nous interdirons la présence aux cérémonies religieuses de ministres, préfet·te·s et maires dans l’exercice de leurs fonctions.
• La Présidence de la République refusera définitivement le titre de « chanoine de Latran ».
• Nous refuserons de rencontrer au sommet de l’État ceux qui obligent nos ministres femmes à porter des accoutrements contraires à la dignité républicaine ou qui enferment des personnes pour leurs écrits humanistes et laïques.

Pas de financement public des institutions religieuses

Il est urgent de mettre fin au détournement de fonds publics attribués à l’enseignement confessionnel privé : il en a coûté 7 milliards d’euros au budget de l’Éducation en 2013. Par ces financements, la République favorise ceux qui choisissent de déroger aux outils collectifs de l’école publique.
• L’abrogation de la Loi Debré permettrait de faire cesser ce privilège. Tout en respectant la « liberté de l’enseignement » inscrite au code de l’Éducation (L.151.1) qui n’implique pas un financement public.
• Enfin, nous refuserons les financements publics pour la construction des édifices religieux, des activités cultuelles et des établissements confessionnels.

Laïcité, condition de la paix

Dans les relations internationales comme dans notre pays, la laïcité est une condition de la paix, car elle permet le respect de chaque peuple et de chaque être humain indépendamment de ses convictions religieuses. Nous débarrasserons donc la politique internationale de la France de ses références à la théorie nordaméricaine du « choc des civilisations » qui cherche à diviser le monde en fonction des appartenances religieuses.